Portrait (3)

On n’entretient pas la même relation avec ses voisins de côté et ceux d’en face. La rue, qui nous sépare comme une rivière, réduit les interactions à un geste de la main, un sourire et beaucoup d’observation. Lire la suite

Éloge du « vous »

Aujourd’hui, j’ai lunché avec une ex-relation thérapeutique, devenue avec le temps relation professionnelle, puis amicale. Nous entretenons désormais un lien d’auteures puisqu’elle écrit aussi, quoique de la psycho plutôt que de la fiction. J’ai toujours admiré cette femme intelligente et vive, dont je partage l’humour et les principes. À l’époque où je m’asseyais dans son bureau une fois par semaine, je me trouvais privilégiée d’être tombée sur une tête si solide et un cœur si franc. Lire la suite

Amours, délices et magazines

Aujourd’hui, j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres le premier numéro de mon abonnement au magazine The New Yorker. Probablement en panne de lectorat traditionnel (c’est-à-dire celui qui aime tourner des pages en papier), l’éditeur offre ces jours-ci à ses amis Facebook un abonnement de douze semaines à douze dollars. Comment pouvais-je refuser? Lire la suite

Il y a longtemps que je t’aime

Mes parents célèbrent cette semaine leur 60e anniversaire de mariage. En cette époque d’obsolescence programmée, le chiffre dépasse l’entendement. Lire la suite

Mon alphabet médical

En cette époque où une généreuse portion de la population n’a pas de médecin de famille, j’ai trouvé le moyen de larguer celle qui me « suivait » depuis huit ans pour cause d’incompétence soupçonnée. D’autres avant moi ont dû faire la même chose puisque j’obtenais toujours un rendez-vous à vingt-quatre heures d’avis. Avouez que c’est louche.

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À deux

Aujourd’hui, j’ai constaté qu’après dix-neuf ans de mariage, la complicité se mesure dans les plus bêtes niaiseries qui émaillent le quotidien du couple. Faire l’épicerie, déposer un chèque, arrêter à la SAQ, et rire ensemble des travers d’autrui, du coût astronomique des denrées et de l’heure qui passe. Reconnaître chez l’autre son propre humour, goûter la solidarité dans l’adversité de l’heure de pointe, trinquer, au retour, à la fin de semaine qui commence. Lire la suite

Portrait (2)

J’ai découvert le jardinage à la fin des années mille neuf cent quatre-vingt, après qu’une population de cafards m’eut chassée du logement que j’avais loué sur le Plateau Mont-Royal. Une amie enfin prête à quitter le giron familial — mais pas à n’importe quel prix — nous dénicha un quatre et demi qui était tout le contraire de mon logement de l’avenue Henri-Julien : presque neuf, pas cher, propre et, surtout, avec vue sur un bras du fleuve. Je n’allais pas tarder à succomber aux charmes de Verdun.

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