Cousu de fil blanc

Ma vie tenait entre ces quatre murs. En trente ans, j’en ai pourtant vu de toutes les couleurs. Je me souviens de mon arrivée ici avec Céleste. Nous étions beaux et audacieux, et personne n’aurait songé à nous associer à un quelconque conformisme pas plus qu’à un courant du moment. Ce qu’on en a fait … Continuer la lecture de Cousu de fil blanc

Une sainte peur

Jean-Denis Latendresse, relieur de profession, est sans travail depuis que l’imprimerie M.J.P. a fermé ses portes. M.J.P., c’était pour Martial Jodoin Printing. Quand la CSST l'a pris en charge, en quatre-vingt-dix, Jean-Denis était loin de se douter que son congé durerait aussi longtemps. C’est sûr qu’une hernie discale, c’est long à guérir. Sauf qu’entretemps, Martial, … Continuer la lecture de Une sainte peur

Sans prévenir

  C’était une belle journée pour mourir. La veille, après une semaine de grandes chaleurs dont juin a le secret, le ciel a éclaté et déversé de quoi faire oublier les cinq jours d’accablement qui ont suivi l’éphémère bonheur d’avoir enfin chaud. Debout devant la porte-fenêtre de son balcon exigu, Marthe a calculé que les … Continuer la lecture de Sans prévenir

Jour F

            Nous y étions donc. Après des mois de préparatifs, de négociations et d’anticipation, ce jour à marquer d'une pierre était arrivé. En écartant le rideau, j’ai tout de suite su que ce serait une journée magnifique. J’ai pourtant mal dormi. Comme quand les réveillons de Noël de mon enfance … Continuer la lecture de Jour F

Mauvaise herbe

Perchée depuis des années au dernier étage d’un immeuble anonyme, elle avait eu envie de redescendre sur terre, de troquer le panorama qui s’étendait à ses pieds contre l'intimité d’un fond de cour fleuri, le béton cuit d’une terrasse constellée de thermopompes contre l’herbe fraîche d’un modeste carré de verdure qu’elle aurait nourri et cultivé … Continuer la lecture de Mauvaise herbe

Juste à temps

L’arrêt du 121, direction Ouest, à la sortie du métro est immensément populaire. Sa longue route traverse des quartiers uniformément blancs, des enfilades de commerces, de cliniques, de banques et de restaurants bon marché, des communautés arabes, âgées ou juives et des tronçons d’autoroutes plus ou moins heureux. Jean pourrait marcher. En regardant vers la … Continuer la lecture de Juste à temps