Trop

Je ne comprends pas Instagram. Chaque visite que j’y fais finit par me rappeler ce laps de temps, au salon de coiffure, où je feuillette des magazines en me maudissant d’avoir oublié mon livre.dc1b9586fbd6be57d8bb287309043ee5031cb9c5_203563___540__85

J’ai mis des années — vraiment — à céder au harcèlement qui accompagne l’abonnement de base à n’importe quel rézosocial. Je ne comprends pas ce que je suis censée faire sur Instagram. J’ai mis deux, trois photos. Et puis quoi? Je ne suis ni photographe ni artiste peintre. Je ne crée qu’avec des mots. Qu’est-ce que ça me donne de mettre sur Instagram des photos sans commentaire? J’accumule des abonnés qui ont dû céder, comme moi, à une millième invitation à suivre Chose ou Machin. Je m’aperçois, un mois après le fait, que de vrais amis ont commenté mes photos. Oh zut! J’avais pas vu. Je suis confuse. J’ai l’air bête.

J’ai perdu le fil sur Twitter.

Pendant un moment, j’ai suivi des journalistes. En campagne électorale, c’était pas mal (et ce l’est toujours). Et puis pendant un mandat un peu plate, j’y ai perdu une montagne de minutes. Des chapelets de retweets, de superlatifs, d’éructations, de commentaires qui, dans une cour d’école, entraîneraient une suspension, de condamnations et de cruauté à dose homéopathique, toujours par lot de deux minutes. Je me souviens encore de ce pauvre député qui eut le malheur de s’inventer une connivence IMG_0596avec une personnalité tout juste décédée. L’Everest de moqueries qu’on lui a servies… Toujours est-il qu’il y a des journalistes, sérieux, je me demande comment ils arrivent à pondre un texte par semaine. Quoiqu’à les lire… Moi, je suis pas payée pour tweeter. Ça fait que j’ai arrêté.

Il y a quelques mois, j’ai constaté que Twitter avait vachement élargi la notion de « notification », et que le système m’informait qu’Untel et Untelle tweetaient à propos d’un autre, que Machin avait tweeté après un long moment et que tel autre avait retweeté une photo de telle émission ou aimé une image. Un vrai poulailler. Ça devrait s’appeler Pocpocpoc. Je pense qu’on est rendu là.

Je perds patience avec LinkedIn.

En tant que travailleuse autonome, je me dois d’y tenir une vitrine. Mais depuis que LinkedIn essaie d’appliquer les recettes de Facebook, je m’énerve. Non, LinkedIn, j’ai pas envie de souhaiter bon anniversaire à un contact de Chicago que je n’ai jamais rencontré. J’ai pas non plus envie de féliciter Untel pour son nouveau poste à titre de En transition… chez À suivre bientôt… Au lieu de polluer ma boîte de courriel, LinkedIn, ça te dirait pas de raffiner tes algorithmes et d’améliorer la programmation de ta plateforme?

Et puis, LinkedIn, qu’est-ce que tu ne comprends pas dans « Non merci » quand tu me demandes pour la millième fois si je veux retrouver les contacts de mon carnet d’adresses sur ta plateforme? Il me semble que ce serait un bon truc de programmation.

En même temps, LinkedIn, tu pourrais arrêter de me proposer de me connecter avec les deux mêmes personnes chaque fois que je reviens sur ta plateforme. T’sais, depuis le temps, si ça nous avait tentés, on aurait fait un move.

Une dernière chose, LinkedIn. Trouves-tu vraiment que c’était une bonne idée d’offrir à tes abonnés de répondre au courriel d’un contact par l’une des trois réponses formatées suivantes : Merci/Je ne sais pas/???.

Il y a vraiment des abonnés de LinkedIn qui cliquent sur « ???? »?

Je m’impatiente avec Facebook.

Quoique ce soit la plateforme la plus conviviale — j’y fais de chouettes rencontres — les jours où Facebook décide que je suis mûre pour des pubs, j’ai mal. Nooooon, je ne trouve pas cette publicité appropriée. Les seize suivantes non plus. Non, Facebook, je ne veux pas essayer ton cadre commémoratif de telle tragédie ou d’un quelconque autre drame. Arrête de me demander comment ça va, ou si j’ai envie de partager un truc que j’ai publié l’an dernier, ou de souligner un anniversaire de fréquentation virtuelle.

Ne me recommande pas de rester à l’intérieur parce qu’il pleut. Arrête. Remballe ta sollicitude binaire et tes montages vidéo pastel.

Spotify? On n’ira pas là. J’ai juste tellement pas envie. S’il y a six millions de chansons là-dessus, pourquoi est-ce que j’entends que les mêmes vingt-cinq? Pour varier, faudrait que je passe un après-midi à me gosser un profil diversifié avec toutes mes données perso? Mes listes de lecture, finalement, font la job.

Depuis quelques semaines, mon ordi s’est mis de la partie.

Ai-je vraiment besoin, ITunes, que tu me dises que j’ai écouté un fichier midi dimanche dernier et Louis-Jean Cormier pendant la dernière quinzaine d’octobre? Depuis quand ça t’intéresse?

Et puis Office 365, ton Weekly Digest, c’est un régurgi de geek. À qui on doit ça, les boutons Like/Dislike au bas d’annonces comme : New feature: Advanced Data Governance—Events Based Retention? Wooah! Il y a vraiment des gens qui cliquent là-dessus? Après une journée d’écriture/de gestion de crise/de rationalisation des effectifs?

Finalement, c’est peut-être à ça que sert la société des loisirs tant annoncée. À gérer ses préférences, ses profils, les plateformes, les mises à jour, les antivirus et autres alertes. Oups, justement, j’ai Twitter qui m’informe que Truc a aimé mon dernier tweet.

Big deal.

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